Les zombis, au cerveau désamorcé,
Trainent leur viande sale dans les villes -
Le rêve fade, l'oeil avarié et l'âme en berne,
Le coeur à crédit : résignation, abandon.
Nous rendions des cultes aux héros vertueux.
Nous aspirions à les égaler :
Les prêtres sont passés, semant dans les tête
Leurs minables martyrs et la niaiserie du souffreteux,
Gangrène humaine.
Ecrasez en hâte ce qui gémis avec plaisir,
Ce qui se traine avec bonheur,
Ce qui supplie par habitude.
Que le crucifié reste sur sa croix !
Sa rédemption pue l'esclavage.
Parce qu'il porte des clous,
Nous devrions accepter les chaines ?
Les zombis, au cerveau désamorcé,
Trainent leur viande sale jusque dans les églises -
La foi crasseuse, l'oeil béa et l'intelligence en berne,
Le coeur débiteur : résignation, abandon.
Aux ondes conquérentes,
Aux navigateurs du canal,
Aux larves de canapés dilués dans le soda,
Les vertus moisissent avec le repas.
Crucifions-les, les présentateurs-prostituées,
Clouons cette vermine à la parabolle,
Marie n'est qu'une speackrine,
Une fin de carrière prévue dans un film porno.
Et laissons les apôtres médiatiques
Jouer de leur verbe minable dans la rubrique nécrologique :
TéléPoche vaut bien la bible.
L'horoscope à un goût d'apocalypse,
Quand les publicités se prennent pour des Proverbes.
Les zombis, au cerveau désamorcé,
Trainent leur viande sale dans le salon -
Le rêve au bout du pouce, l'oeil vitreux et l'âme usée,
Le coeur en dépot de bilan : résignation, abandon.
Télécommandés, martyrisés, dressés,
Les zombis se pavannent, fièrs et idiots,
Paradent dans les couloirs du métro
Comme on procède aux lamentations.
N'attendez plus l'Hyperboréen
Il cuve son dégout dans les caniveaux.
N'attendez plus Stakhanov,
Il boit son écoeurement dans les caves.
L'un et l'autre ensemble se saoulent
Et trinquent à votre pourriture.









